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Mon premier Bleine-Dormillouse Version imprimable Suggérer par mail
15-04-2011

Mon premier Bleine-Dormillouse

Pour moi, ce vol est le pélerinage que tout crosseux d'Au gré de l'air rêve de faire à ses débuts. Encore une fois, j'ai pensé à tous ceux qui m'ont aidé à progresser, depuis mes cent ploufs avant mon premier thermique jusqu'à ce jour.


Samedi matin, personne pour venir à Bleine alors que les prévisions n'étaient pas aussi bonne que la veille que les crosseux pro avaient mis à profit pour un AR depuis St André ou plus pour les aventuriers du Mercantour.

Après quelques coups de fils infructueux, je tire Brian du lit à 9h10 : "Allo, Brian, 9h30 à pré du Lac". Il pense négocier 9h40 mais je n'ai pas pris de douche depuis 3 jours alors je ne vois pas en quoi celle de Brian pourrait me retarder. Nous arrivons au déco de Bleine seuls vers 10h40, il y a déjà un bon sud. Je suis heureux comme si j'avais découvert une mine d'or : nous sommes au bon endroit, au bon moment et nous y sommes seuls ! Nous nous préparons sans tarder puis Brian semble un peu à la peine avec une voile qui se met en chiffon plusieurs fois dans un bon 20km/h sans que je comprenne si c'est la force du vent ou la turbulence qui gêne. Je l'aide à décoller d'un peu plus bas, puis c'est mon tour. Il faut que je me dépêche avant que cela ne soit trop fort. Arrivent Fred Aïki et un copain à lui. Ils m'aident et je décolle dans la première accalmie : je lève la voile et décolle sans m'arrêter et sans voir une grosse clé en haut du suspentage de frein. J'évalue la situation en zérotant dans la zone devant le déco mais je suis un peu trop préoccupé par le frein très tendu alors je décide de poser pendant que Brian file vers le bois brûlé. Mon espoir : il est tôt et un autre parapentiste passera peut-être par l'atterro pour monter. Le copain de Fred fait un plomb. J'ai juste le temps de plier et Fred arrive pour nous remonter. Merci Fred !

Deuxième vol : je décolle à 12h45, c'est tard mais il n'y a pas le choix. Heureusement, c'est plutôt Sud-Est d'abord puis Sud ensuite, juste ce qu'il faut. Je vois peu de monde en l'air : seulement deux delta qui m'ont aider sur la crête des serres, Maurel et Cordeuil. Ils font alors demi-tour. Je réussi Montagne de Chamatte presqu'à chaque foir et jamais Cote longue. Pourtant, en ce début de saison il y a plus de neige sur les hauts reliefs et les traces des copains d'il y a 10 jours sont passées plus à l'ouest. Je n'ai pas vu celles de la veille... Je me dirige donc vers Cote longue à une heure où je devrais enfin réussir à raccrocher cette foutue montagne. Je rate le passage direct par le sommet et dois revenir au sud sur la petite crête qui part à l'ouest. Encore beaucoup de temps perdu. En plus il y a du sud. Soit je tente Dormillouse et je peux espérer Chorges, soir je dois faire demi-tour et ne pas faire grand chose comme les deux dernières fois que j'ai voulu revenir contre le S. J'entend le téléphone sonner et je pense que c'est probablement Brian, sans radio, qui m'indique où il est posé. Ma position dans la sellette est très inconfortable et, chose assez rare, je trouve l'air turbulent même loin du relief. Quand même, Bleine-Dormillouse ce serait quelque chose. Je continue et j'arrive au Tromas sous les 2000m mais il n'y a rien que j'arrive à moyenner, que du 0,2m/s intégré avec quelques coups de savatte inefficaces étant donné mon état de fatigue. Il faut s'accrocher jusqu'à 2300 où une rupture de relief pourrait libérer la bête... Effectivement, j'y trouve de quoi me lancer dans le cirque suivant où je remonte tout doucement sans penser que le Sud va rendre la sortie du cirque bien plus efficace pour monter avant la Blanche. Avec le vent de Sud, le reste est une formalité jusqu'à Dormillouse que j'atteins à 17h00. Juste avant le Fort, je fais demi-tour pour tenter d'enrouler vers les planneurs qui sont 400 ou 500m au-dessus car je suis trop fatigué pour aller vers le Morgon en radada. Je prends plein de coup de pieds aux fesses mais je n'ai plus la capacité à supporter la turbulence et il me semble un peu dangereux de vouloir poser dans la brise forte de l'autre côté du lac de Serre Ponçon alors que je pourrais le faire sur le plateau de St Jean de Montclar. Je remets donc à plus tard les 100km en distance libre et le passage au Morgon.

Posé à Seyne les Alpes à 17h20 et rentré à minuit dans la même voiture que Brian qui m'avait bien appelé... pour dire qu'il était posé à Chorges.

 
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