Vol Vrac - Gourdon/X

Les vraqués (c'est à dire la quasi totalité d'entre nous!) et/ou témoins de vrac décrient l'événement. Le but recherché est de permettre à tous de comprendre ce qui est la cause de l'incident/accident, dans l'espoir de ne pas le reproduire en situation similaire. On a trop souvent des incidents/accidents qui restent peu discutés ouvertement, alors que leur connaissance aurait pu éviter à un autre pilote le même souci!
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d'gilou
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Vol Vrac - Gourdon/X

Messagepar d'gilou » Mer Avr 02, 2014 8:11 pm

Ce 28 Mars j’arrive tôt à Gourdon avec une prévision météo correcte, plus une bonne dose de frustration qui ne fait que gonfler depuis le début du mois de Mars… Il est 10H, et en approchant du déco je vois déjà Tonton qui enroule au moins 200m au-dessus de la crête. Ça sent vraiment la journée fumante…

Le temps de me garer et Tonton est déjà sur la crête de Calern… De beaux cumulus pavent déjà notre ciel du SE… J’appelle Jean Paul, il est encore chez lui, Tom m’a laissé un message me disant qu’il partait de Fourneuby. Je pense que c’est l’occasion de partir de Gourdon, car ensuite quand on avance dans la saison, ça devient de plus en plus rare de sortir du bocal… J’ai prévu un St Jeannet Lachens, ou Teillon retour car les previz annoncent que ça devrait bâcher derrière et aussi des plafonds pas vraiment convaincants sur STA…

Je me prépare en vitesse, entouré de JV, Cascadeur et Superkit… Ils sont bouillants… Les 3 loustics décollent, on voit bien qu’il va falloir se battre car ça ne tient pas du tout sur la crête… Le vent rentre en petites rafales… Je pars en dernier et commence à m’enterrer comme une bouse. C’est du beau Gourdon de merde et je perds vite du gaz… Je vois JV, Cascados, et SK qui ont chopé un truc potable assez haut et qui partent déjà vers Calern… Je suis déjà en dessous du 100m, mais heureusement je vois une petite Dudek qui enroule entre l’officiel et le 100m… Je me précipite, et accroche enfin un thermique… La frustration fait le reste, je m’applique en pensant à Pasc qui ne peut profiter pleinement de la journée… Et c’est parti pour une longue montée dérivante vers le nord… J’enroule bien concentré en observant des voiles zoner sur Calern… Je vois une D2 bleue partie trop tôt flirter avec le col de l’Ecre et revenir vers Gourdon, sur le site mythique, ça zone grave…. Je ne lâche rien et derrière le ciel devient de plus en plus alléchant avec plein de cums… Enfin 1800m, presque à la verticale de la crête de Calern. Ça ne bip plus. Feu vers le nuage au-dessus du Punch… Vitesse normale, c’est tout bon, pas trop de vent…

Bingo, re-thermique doux à mi-parcours avec le nuage en perspective… On se réaplique dans le gaz, hors du relief jusqu’à la limite de la TMA… Vers 1960, je quitte le tuyau mais le nuage est assez large et je me fais monter dans du +2 +3 pendant 1.5 km… J’explose la TMA de 200m… Ça commence bien, ya du lourd et je n’ai pas du tout envie de faire les oreilles, tant pis pour la déclaration, c’est con j’aime jouer à respecter, mais là c’est trop gros pour moi me dis-je… Je n’ai pas du tout envie d’aller sur Gréo, je vise direct Fourneuby… Je suis sur 143.9875, car les copains ne sont pas là… J’entends en radio Tonton, Cascados et SK qui vont tenter de se rejoindre à Fourneuby… J’y suis déjà et j’arrive niveau déco en trouvant un truc un peu merdeux qui s’arrange en s’élevant… Je décide de me la jouer vitesse car le ciel est parfait avec des gros nuages bien larges partout sur Thorenc et je quitte le tuyau après 4 ronds à 1800m… Je donne ma position en radio et commence une bonne partie de montagnes russes jusqu’au col de Bleine sans rien enrouler… C’est le bon choix, j’arrive au col à 1900m et enroule encore 4 à 5 tours seulement pour aller faire un meilleur plein sur le bois brûlé…

J’ai maintenant en visu 2 ou 3 ailes qui zonent vers la Ferrière, dont une qui enroule plutôt bas (vu d’ici) vers la crête qui mène au Teillon… Je crois reconnaitre de loin Tom… Je sais aussi qu’au moins 2 potes de la Ste Vic Pascal et Nico ont décollé de Bleine… Je bâcle encore le plein vers la Ferrière, je ne me fais aucun souci sur la suite c’est 4/8 de cumulus… Le col des portes et le Teillon sont recouverts d’un énorme cumulus de plusieurs km de large pas développé en hauteur… Ya qu’à suivre nos amis… Je n’ai pas encore pris de décision sur l’itinéraire mais j’ai cru voir en préparant le vol vite fait que le sud était plus prononcé vers Moustiers… Et comme je n’aime pas le vent… Un peu avant le col des portes toujours riche en thermique, je commence à monter tranquillement sous le gros gris d’abord dans du 1.5 puis du 3.0 puis j’atteins la base du cum et rentre à l’intérieur dans du 6.5…

Stage Bruno Dijols, avec gestion du cap a la boussole vers le sud… Je fais 2 km vers le sud dans le coton et finis à presque à 2800m… C’est trop bon, je n’ai pas stressé, j’obtiens en prime mon niveau 1 Dijolette !!!!

Le sol réapparait avec le Teillon à ma gauche, simple collinette enneigée… Je repars vers ce petit mouvement de terrain toujours bien bâché et croise enfin une voile qui me salue et repart vers l’Est… Moment d’émotion, je ne connais pas le pilote, dommage… Arrivé au Teillon, c’est tout mou, que du bonheur… Je ne fais que 5 tours dans ce cadeau du ciel et pour éviter de refaire un stage Bruno, je quitte l’ascendance rapidement… Bien joué, je prends encore 200m de gaz supplémentaire en me dirigeant vers le Crémon…

Enfin des copains en vue !!! Sur le Crémon, 3 voiles zonent niveau relief… Je crois reconnaitre l’Ucross de Nico, un type en Niviuk sans cocon, et une troisième voile inconnue… Pas de chance pour eux, ça a l’air bien moisi à cette altitude… Je stress un peu car je risque de me retrouver dans la même situation… Je m’applique en suivant la crête et le vent pour trouver enfin du positif dérivant assez médiocre… J’ai bien remarqué que les vario étaient très bons au-dessus de 2000m… Je m’applique. Je m’applique en me disant que si je lâche ce truc dérivant par erreur je risque de finir à l’officiel de STA… Les copains zonent, zonent en dessous… Bingo 2200, je rentre dans la vraie convection du mois de Mars !!! Rebelote, vers 2500m, j’ai bien dérivé et je quitte le tuyau… Adieu les copains, je vous aime bien mais je ne peux vraiment pas vous attendre… Anticipation anti Dijolette et je reprends encore 200m, ça c’est du vol…

Je commence à être bien poussé dans une aérologie Saint Andréene, je frise et dépasse le 50 km/h. ça booste, montagne russe, et j’attaque déjà le Chalvet à 2500m… Que du bonheur, j’aime aussi voler seul et ne pas me laisser influencer par les choix des autres. Sur STA, le ciel est plus beau, les plafs bien plus hauts que prévus, et vers le nord ce n’est pas encore allumé, je suis vraiment dans du good timing. Moins de 2H pour arriver à STA de Gourdon, je suis assez content de moi. Faudrait juste pas que le vent accélère vers le nord, c’est déjà assez sport comme ça pour moi… Bon STA en sud, c’est ma hantise, par ou passer ?

J’envisage les reliefs à l’ouest du Chalvet, mais ce serait une perte de temps, même si la crête qui mène aux antennes est dans le bleu, je suis obligé de prendre une mine en arrivant au col dans la grande caillasserie orientée sud avant la crête des antennes… Je suis à moins de 50km/h, c’est du billard, et le tas de caillou me gratifie déjà d’un bon thermique bleu dérivant… La suite se fait aux cum, pas question de flirter aujourd’hui avec Lambruisse etc… Feu vers le prochain copain… Je me tâte pour partir en exploration vers l’Est car c’est bien pavé haut, sur le pic de Couard et jusqu’au Blayeul…

Malheureusement mon entêtement antidijolette me fait quitter les thermiques bien en-dessous du plaf et me voici un peu contraint d’aller assurer un Cheval Blanc histoire de ne pas redescendre en basse couche… Nul doute qu’un pilote plus endurant et expérimenté aurait pu passer tranquille par là… Mais bon, trêve de regret, allons flirter avec ce cheval blanc de neige… L’équidé est fidèle à ses promesses, je flirte cette fois les 3000m, en bâclant, avec encore 200m de gain en sortie de thermique et début de transition, un leitmotiv pour cette journée… Pas bon la Chaux, le Carton, le Tromas avec ce vent me dis-je, innovons un peu par cette journée magique et musclée ! Je vais passer par la montagne de l’Ubac… Présomptueux le dgillou, mais non, c’est bien allumé, ya juste à se laisser glisser vent de cul… Quel beau spectacle que ces montagnes à ma droite tant de fois arpentées et aujourd’hui dédaignées…

Je transite à 50km/h, et mon GPS me donne entre 15 et 20 km/h de vent… Je me demande bien comment l’électronique du bousin calcule ça vu que je n’enroule pas, mais bon les messages des balises alentour (pour certaines inconnues) annoncent toute des vents moyen à 20km/h avec des rafales jusqu’à 40/60 suivant les spots… Gaffi dgilou, faut la, jouer safe, tu n’es pas un warrior et tu le sais bien… J’aurai aimé me la jouer plaineux, mais je suis contraint de refaire un séjour en basse couche alors que le cycle s’estompe sur l’Ubac… Je me remonte donc la crête qui borde la Bléone à l’ouest toujours poussé par le vent avec le Tromas en perspective, mais je compte bien l’éviter… Ce ne sera pas bien difficile, il faut juste trainailler dans les thermiques couchés jusqu’à buter sur le Pic des Têtes qui risque d’être atomique… De toute façon, je vais me la jouer loin du relief, je me connais bien… Le passage devant le Pic des Têtes demande du pilotage, mais je suis chaud et j’avise une sublime cumulification qui devrait me permettre de laisser tomber la Blanche assez rapidement… Je me rappelle mon échec l’an passé à Chorges et compte bien assurer cette fois une belle traversée du lac de Serre Ponçon loin des venturis…

Le vent se calme un peu sur la Blanche, et j’arrive sur la crête bien orientée qui descend de l’Aiguillette. C’est le spot attendu pour faire le gain me permettant d’entamer sereinement mon vol de plaine vers le lac et son barrage… Je quitte encore le thermique rapidement vers 3100m, de toute façon, c’est méga actif dans cet axe. Et partout d’ailleurs !!! Ça me rappelle le passage de Victor B, il y a déjà quelques années… ça passe « finger in the nose » et je contemple en transitant la crête de ces satanées Aiguilles de Chabrières, le piège local a parapentiste…

J’aperçois Gap a portée de glide, mais la force du vent reste raisonnable et je décide de continuer histoire d’aller découvrir un peu plus vers le nord ces montagnes que je ne connais pas… J’ai bien observé les traces de mes mentors, et il m’a semblé que c’était du gâteau… Je me refais dans un truc sympa à l’extrême ouest du Piolit comme un plaineux sans rentrer dans le relief, comptant bien surfer sans rentrer dans la montagne… Je sens bien que Grenoble est à portée de glide, d’autant plus qu’il n’est même pas 15H, mais je me dis qu’avec cette technique de timoré, ça va surement pas le faire… J’entends toujours des balises inconnues cracher des messages inquiétants, je ne vois que des planeurs satellisés rebondir dans les gros thermique environnants… Je commence à regretter d’être seul, un Pasc ou un JPT devant en radio m’aurait sans doute remis une dose de niak… C’est la dure loi du mental dans cette activité, dès qu’il faibli un peu, le vol est fini…

Je fais encore 20 bornes de montagne russes sans rien enrouler parfois contraint de craber, contré par des brises qui rentrent dans les reliefs ou par des gros thermiques qui m’obligent aussi à « voler de travers » pour éviter de me faire reculer, tout ça poussé par du vent de sud… Je suis trop bas, trop dans les brises, il faudrait se satelliser à plus de 3000m pour échapper à ces forces inquiétantes… Je n’arrive pas à prendre sur moi et à opter pour un retour en mode guerrier… J’avise un peu plus loin un beau venturi formé par des reliefs assez bas… Avec ce vent de vallée c’est un cimetière a parapente certain… Hum hum, c’est con de se poser avant 16H après seulement 4H45 de vol… Mais victime de mes angoisses je contemple mon GPS qui cette fois dépasse allègrement les 60 km/h. Tout est de ma faute, il fallait remonter sur le petit Chaillol, c’était ma dernière chance d’échapper aux basses couches et à ses vents puissants. C’est trop tard, ma décision est prise je vais poser en milieu de vallée…

ça va ressembler à mon posé à Guillestre a la même époque pour les mêmes raisons il y a quelques année me dis-je… Ce n’est pas grave ce vol fut sublime, le tout est de poser safe… Le vent souffle bien et je crabe à nouveau en milieu de vallée vers une immense zone dégagée assez loin d’un village situé un peu plus haut. Ceci afin d’éviter des rouleaux certains… Je rencontre pleins de thermiques couchés par le vent, c’est turbulent mais gérable. Je rends hommage à la D2 qui malmenée aujourd’hui est toujours restée intègre au-dessus de ma tête malgré les innombrables tentatives de déstructuration des éléments en fête… Je ne l’ai quasiment pas regardé dans cette fiesta de turbulences, a par une fois ou je l’ai vu bananer à la mode des forts allongements… Je me suis même dis que ç’était mon premier vrai baptême du feu avec le chiffon, et je dois vraiment rendre hommage aux concepteurs… C’est pti gars ont créé un vrai voile de cross accessible a des pilotes un peu brouillons mais attentifs tel que je suis…

Bon ça va bien finir par descendre, patience face au vent à moins de 10 km/h… Patience et longueur de temps… De toute façon, je ne peux même pas enrouler des dégueulantes, je vais reculer à mach2… Inexorablement… je mets 13 mn à approcher du sol et le vent ne baisse pas… C’est quoi ce bordel, je devrais ressentir l’effet du gradient et je suis toujours scotché… Ce n’est pas grave ya bien de la place… Je commence à faire des S en essuie-glace à 100m sol, pour rester le plus loin possible des obstacles aérologiques situés à plusieurs centaines de mètres… Puis comme prévu je commence à m’approcher du sol dans une masse d’air un peu trop mouvementé à mon gout… J’en ai vu d’autre, je reste bien concentré et sort les jambes du cocon pour me mettre bien droit dans la sellette à 10 m du sol scotché… J’approche du sol sans vitesse et me prends une soudaine et forte rafale latérale qui me déstructure la voile. Je recule sur le coup d’une dizaine de mètres et tiens ma voile sans doute un peu trop… Si bien qu’une fois la rafale passée je tombe droit comme une pierre vers le sol du champ labouré qui bordait mon atterro… Je décroche sans doute le côté droit dans ce gradient soudain et bien vicieux et finis bien fort sur le pied droit qui plie juste dans la mini tranchée qui délimite le champ labouré du champ herbeux …

La douleur est immédiate, aucun doute ya du bobo, plions vite pendant que c’est chaud… Je sers bien fort la chaussure histoire de limiter la douleur…

Après le beau vol, retour à la maison, une nouvelle aventure commence…
Je marche 500m en boitant sérieusement et une voiture s’arrête par pitié pour me mener 300m plus loin sur le bord d’une nationale… J’attends 15 mn avec mon panneau de d’autostoppeur parapentiste et une femme s’arrête 100m plus loin… Je galère pour rejoindre la voiture, mais elle est compatissante et m’emmène jusqu’à la station de bus de Gap pour tenter un retour en autonomie. Il est 17h mais le prochain bus pour Digne est le lendemain matin vers 8H… c’est râpé, je vais me passer une nuit à l’hôtel histoire de reposer l’articulation… Je peine à 2 à l’heure dans Gap et trouve un hôtel à 500m de la gare routière… La gérante me voit entrer avec mon teint livide, moi boitage de clodo, mon sac de 20kilos, et mon jean terreux… Elle n’a pas l’air ravie du tout, son visage exprime un mélange d’inquiétude et de dégout. Je lui explique le plan et quand je lui demande une chambre, elle me répond que ça ne va pas être possible car au 1er c’est le restaurant et il n’y a pas d’ascenseur pour accéder au 2ème étage !!!

Je lui rétorque effaré que je pourrais laisser mon sac en bas, si possible, mais rien n’y fait, elle me propose d’aller à l’hôtel IBIS de Gap, et me sort un plan pour m’indiquer ou c’est… C’est à environ 800m, elle m’indique vaguement le chemin en ajoutant avec un air … « je ne sais pas ce que je peux faire pour vous aider ». J’ai envie de lui rétorquer : « mais m’emmener en voiture par exemple », mais je suis tellement abasourdi, que je me la ferme en me disant que les 800m sont à ma portée…

Je rezone à 2 à l’heure jusqu’à l’hôtel IBIS, et là un miracle se produit, je tombe sur le gérant au comptoir qui m’accueil chaleureusement en me donnant une chambre et des béquilles. Il m’apporte de la glace à 2 reprises, vient s’enquérir de mon état, me monte un plateau repas, des antalgiques, me propose une sortie chez le rebouteux du coin à 45 mn de voiture… Une énorme bouffée de gentillesse, qui dans mon cas ne pouvait que faire mouche…

Je dors mal, mais après des beaux vols de toute façon, ça me fait toujours ça, je n’ai pas vraiment mal mais la cheville a doublé de volume… Le lendemain matin je réalise que le retour sur Nice doit se transformer en retour aux urgences et les employées de l’hôtel après m’avoir servi un bon petit déjeuné, m’appellent une ambulance… Le reste c’est une bonne prise en charge médicale à 8H30 avec Dgilou 1er arrivé aux urgences, donc pas d’attente…

J’ai médité que si j’avais fait le même sketch, seul, dans un endroit un peu perdu, sans réseau GSM, ça aurait été une belle nuit glacée immobilisé… Un vrai cauchemar sans doute… Personne n’aurai su ou j’étais puisque mon dernier contact radio s’est passé au white horse…

http://www.victorb.fr/visugps/visugps.h ... _Copie_igc

plus le temps passe plus je me dis que j'ai été une énorme burne de stresser et d'aller poser,les cum n’étaient pas brossés, j'avais juste 2 gros plaf a faire et du bricolage dérivant pour passer sur Grenoble...

Évidement moi l'adepte des previz, j'avais vu du 40 km/h de sud à 2000 sur le 38, donc je flippais, mais en fait c'était zen et j'ai sans doute raté l'occasion de rentrer dans l'histoire car de GRD, je ne pense pas que ça a été fait et en plus avec ce timing un pilote mentalement endurant aurait pu dépasser largement St hyl etc... je pleurniche maintenant... c'est pitoyable :wink:

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d'gilou
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Echelle des dijolettes

Messagepar d'gilou » Mer Avr 02, 2014 8:24 pm

Niveau 1 : prendre 500/600m dans un nuage sans stresser en gardant un cap fuyant

Niveau 2 : idem mais en prenant un cap avantageux pour le cross envisagé

Niveau 3 : 1000m et glaçage des suspentes sans stress évidement

Niveau 4 : voler toute la journée en pénétrant dans les nuages histoire d'assurer le cross

Niveau 5 : idem avec Congestus aux alentours

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marcangelo
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Messagepar marcangelo » Mer Avr 02, 2014 8:58 pm

super récit Dgilou !! on est dedans tout le long et le "vrac"apparait presque insignifiant apres toutes ces émotions en vol.(j ai bien dit "presque" hein!!)
merci pour le retour et bravo encore!!
ps:pas pu voir la visu gps avec le lien du dessus...

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Messagepar d'gilou » Mer Avr 02, 2014 9:13 pm


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Messagepar marcangelo » Mer Avr 02, 2014 10:07 pm

cool !! merci ,bravo encore et remets toi vite!!

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Messagepar Victor » Jeu Avr 03, 2014 10:07 am

excellent!
dommage pour la cheville

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Messagepar Maurice » Jeu Avr 03, 2014 10:13 am

Bonjour D'gilou, bau récit, vraiment dommage qu'il ce soit terminé de cette façon. J'espère que le diagnostic n'est pas trop grave et que tu te remettra rapidement sans séquelles. Bon courage !

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Messagepar Thierry d'Allevard » Jeu Avr 03, 2014 1:02 pm

Ce n'est que partie remise Dgilou, je suis sûr qu'un jour je vais te voir passer au dessus de chez moi, filant vers le nord.
Joli vol !
Bon courage pour la cheville.

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Messagepar BrunoD » Jeu Avr 03, 2014 1:25 pm

Je retiens aussi que Gilles a eu l'idée sortir de son cocon et se mettre debout avant de toucher le sol. On peut aussi apprendre de cet incident que cette façon de faire minimise les risques. Je n'imagine pas la situation s'il était encore dans le hamac au moment de toucher.

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Messagepar willyguitar » Jeu Avr 03, 2014 1:27 pm

D'GILOU.......... un seul mot me vient..... CAPTIVANT !!!!!!!!

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Messagepar pasc » Jeu Avr 03, 2014 3:35 pm

bo vol salaud !!!

Rhaaaa quelle loose de pas avoir été de la partie ! Une journée avec 250k de potentiel pour nous les pinpins.

Concernant les KW dissipés sur une seule cheville en fin de vol et ton envie inconsciente de faire un peu ton Benoit avec les infirmières... C'est un peu flippant de se dire que s'est arrivé alors que tu as super bien géré avec expérience ton approche, que tu as eu le temps d'analyser tous les risques etc.. franchement on sens que ça peut arriver à n'importe qui.

Concernant le Dogme de se mettre debout assez tôt en approche quand ça devient chaud, je suis de moins en moins convaincu.

Je veux dire par là que se mettre debout à 50m sol quand c'est vraiment pas bon, c'est aussi (ou surtout) :

- se mettre dans une configuration inhabituelle au moment même où l'on doit être le plus efficace possible.

- changer ses repères en pilotage et notamment en matière de prévention/réactions par rapport à des fermetures (contre sellette, dosage des commandes...)

- se priver de la protection dorsale (les jambes fussent-elles une meilleure protection dans le cas d'une grosse chute massive... sur les jambes)... Quid en cas d'autorot ou de decrochage (bascule arrière)

Ceci n'est pas une reflexion fermée mais je me pose beaucoup de questions sur ce qui est souvent présenté comme une pratique indiscutablement + safe.

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Messagepar piloudgilou » Jeu Avr 03, 2014 4:20 pm

Merci Dgilou pour ce récit. Tes talents narratifs viennent de me faire faire le voyage sans souffrir d'une cheville à la fin.
En te lisant, j'ai perçu justement combien humble et sincère, tu n'as justement pas les "chevilles qui gonflent".
Amère et déplacée vengeance d'Eole

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Messagepar Philippe P » Jeu Avr 03, 2014 4:44 pm

Salut Gilles,

Joli vol, joli récit, et aussi intéressante expérience humaine...

On ressent dans ton récit de fin de vol l'arrivée du doute, comme si tu n'étais plus certain de vouloir être là-haut. Crois-tu que le mental, moins au top à ce moment là, pourrait faire que tu étais moins "aiguisé", et ainsi plus susceptible de te faire malmener par cette rafale finale? Ou au contraire, ayant volontairement pris la décision d'aller te poser et d'avoir choisi ton terrain, étais-tu dans les meilleures conditions possibles pour cette approche? Auquel cas, voici de nouveau le résultat de ce fichu "pas de chance", qui est vraiment pénible, dans notre activité.

Autre question qui me turlupine depuis longtemps: penses-tu que dans de telles conditions très défavorables, une arrivée aux oreilles pourrait être utile, ou serait-elle encore plus dangereuse?
Je pense à l’intérêt d'une descente plus rapide, limitant donc le temps d'exposition aux turbulences près du sol. De plus, avec une voile plus compacte, on est en principe moins sensibles à ces turbulences. Mais d'un autre côté, on est beaucoup moins manœuvrant, et il y a quand même le moment de la réouverture à gérer avant de toucher...

En tout cas, merci pour le beau texte, et j'espère que ça ne va pas t'handicaper trop longtemps.

PS: Avoue, tu en avais assez de ne pas d'arriver à la cheville de Benoit!

:oops: :oops: :oops: :oops:

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Messagepar d'gilou » Jeu Avr 03, 2014 7:29 pm

étais-tu dans les meilleures conditions possibles pour cette approche?

Je n’étais pas fatigué physiquement, et je me suis bien raisonné alors que ça ne voulait pas descendre, j’aurais pu faire le yoyo bien plus longtemps, j’y étais préparé mentalement. J’étais quand même super content d’avoir déjà exploré 50 km d’inconnu et la patience et le calme dans ces situations sont essentielles. Je me suis bien dit que j’avais déjà souvent cratérisé lors d’atterro sur de précédents cross en me faisant surprendre au dernier moment…

une arrivée aux oreilles pourrait être utile, ou serait-elle encore plus dangereuse?

Selon moi, c’est bien plus dangereux avec des voiles un peu perfo, car on frise le decro sans accélérateur et on est vraiment pas manœuvrant (je parle de grande oreilles). Le gradient est souvent présent dans les derniers mètres et de toute façon il faut mieux subir ce phénomène avec toute la voilure en place. Je préfère donc piloter jusqu’au sol avec les cdes. Subir un brusque gradient en ayant à gérer réouverture de la voile, sortie du cocon, mise en position debout plus turbulence, ça fait trop pour notre cerveau. L’approche aux oreilles est parfaite en conditions fortes laminaires…

Pour ce qui concerne la remarque de Pasc, elle est fort judicieuse car en position debout nous n’avons plus aucun repère habituel ni vraiment la possibilité de faire de bons appuis sellette surtout avec des cocons hamac ou tu es plutôt comme dans une sellette montagne type string une fois que tu t’es redressé…

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Nicolas Féraud
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Messagepar Nicolas Féraud » Jeu Avr 03, 2014 8:43 pm

salut Gilles,

super vol, bravo! super récit, dommage pour la blessure...
Malheureusement, personne n'échappe à ce genre de mésaventures.

Courage pour la convalescence!

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Olivier Rodde
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Messagepar Olivier Rodde » Jeu Avr 03, 2014 10:46 pm

Bon courage Gilles.
Perso, je ne me mets jamais debout avant la ressource car c'est pas facile de piloter. Par contre je sors du cocon et me redresse bien avant le sol, quelles que soient les conditions. Mais j ai une sellette normale .
http://www.gingliders.com/sellettes/genie-lite/


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