j'enroule je décale... j'enroule je décale mais jusqu'ou ?

discussion sur le GPS, sur un capteur de température à distance, etc...

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Pierrot
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j'enroule je décale... j'enroule je décale mais jusqu'ou ?

Messagepar Pierrot » Mer Fév 08, 2006 7:37 pm

Imagine j'enroule un thermique je suis au vent de la montagne le vent
incline la colonne donc tout en montant je vais passer au dessus de la
crête et puis à un moment donné je vais me trouver de l'autre coté de la montagne donc sous le vent.
..mais selon mon altitude, je serais ou je ne serais pas, dans les turbulences sous le vent .
Ma question est la suivante : Y a t il un moyen de connaitre grosso modo l'atitude (relative / crete) minimum sur la crete et sous le vent en dessous de laquelle il ne faut pas être pour se trouver dans les turbulences ?

il doit y avoir une rapport avec le hateur de la montagne et la force du
vent ...

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luc armant
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thermique couché au dessus d'une crête. jusqu'où ?

Messagepar luc armant » Jeu Fév 09, 2006 11:03 am

La question : *comment enrouler un thermique couché par le vent au dessus d?une montagne tout en restant en sécurité ?* et je rajouterais *efficacement*
Ça appelle un développement assez vaste.

Tout d?abord sur la turbulence, qq principes de base pour démystifier un peu du légendaire « sous le vent = tête de mort ».

1- La turbulence est un phénomène auquel on se frotte régulièrement en vol thermique ou de distance. En fonction du pilote et de la voile, on peut affronter un degré de turbulence donné. Qq soit le pilote, et comme tout aéronef, le parapente connaît une limite incompressible de degré de turbulence au delà de laquelle il ne peut rester dans le domaine de vol.

2- Une propriété très importante à connaître : *En dehors de tous obstacles*, la convergence d?un écoulement à deux effet : ça augmente la vitesse de l?écoulement *et* ça a tendance à lisser les turbulences (je précise bien s?il n?y a pas d?obstacle au vent de l?écoulement). Une soufflerie utilise cette caractéristique pour obtenir un écoulement bien laminaire en plein dans le venturi maximum.
A l?inverse un écoulement divergeant accentue la turbulence. C?est pourquoi dans une zone sous le vent d?une montagne, on peut rencontrer plus de turbulences sans que ce soit forcément des rotors dangereux dus à un décollement de l?écoulement.

3- En dessous d?environ 15km/h d?écoulement, il n?y a aucune turbulence insurmontable pour un parapente standard, que ce soit au vent ou sous le vent de la majorité des obstacles ou montagnes

4- Entre 15km/h et 20km/h d?écoulement, rares sont les coins sous le vent très craignos. Et on peut facilement les identifier : très fortes rupture de pente minérale dans le venturi favorisant le décollement de l?écoulement, donc rotor potentiellement dangereux. Mais à ces vitesses, les rares zones dangereuses ne s?étendent que très peu en arrière.
Je nomme de façon générique ces turbulences des turbulences de décollement. les rotors lié au décollement de l?écoulement diminuent d?intensité au fur et à mesure qu?on s?éloigne du point de décollement. Mais plus l?écoulement en amont est laminaire, plus ces rotors peuvent s?étendre loin derrière.

5- Au delà de 20 km/h de vent, méfiance, en plus des rotors liés aux décollements de l?écoulement sur certaine crêtes, les turbulences d?obstacles et les gradient de vent se font davantage sentir.

6- Et au delà de 40km/h d?écoulement, les coins malsains ou dangereux sont tellement nombreux (et parfois difficilement prévisibles) que ça devient quasi impossible de crosser en montagne, même en vent arrière. Seuls les pilotes très expérimentés pourront peut être ne pas faire d?erreur.

7- l?étendu des turbulences liée au décollement de l?écoulement est limité par une courbe environ parabolique. En pratique, tu peux considérer une droite comme limite de « projection » des turbulences de décollement. l?inclinaison de cette droite dépends principalement de l?inclinaison de la pente au vent. Mais très peu du dénivelé ou de la force du vent. Pour être tranquille dans la majorité des cas, tu peux te dire dans un premier temps que ces turbulences ne passent jamais au dessus d?une droite inclinée à 45° passant par le point de décollement de l?écoulement. Et tu gardes en plus comme marge la hauteur du suspentage.
Si on arrive en transition depuis sous le vent, il vaut mieux connaître la nature de la pente au vent. Si au vent, il y a une pente faiblement inclinée, il y a peu de chance pour que tu passes au travers des rotors de décollement. Par contre, si au vent, il y a une haute paroi verticale exposée plein face au vent, méfiance !

8- la forme et la nature du haut de la crête va jouer dans le décollement ou non de l?écoulement. Dans les alpes du sud, en général, on a affaire a des pentes faiblement inclinée et arrondies en haut qui ne génèrent pas de décollement. ou alors très localement à cause d?un rocher ou d?une falaise sous le vent, mais ces décollement engendrent des rotors partant presque à l?horizontal. une crête avec de la végétation régulière a tendance à limiter le décollement. le pire c?est une cassure brutale de nature minérale.



9- La convection accentue les turbulences.
Mais un écoulement laminaire est davantage propice au décollement de l?écoulement qu?un écoulement turbulent. Donc une zone sous le vent peut être plus malsaine lorsque l?écoulement au vent est plus laminaire. Une illustration : la turbulence de sillage est bien plus sensible dans un air calme et se propage plus loin plus longtemps.

10- en matière de turbulence, en plus du « au vent sous le vent », il y a aussi le « travers vent ». Une pente accidentée exposée plein travers d?un écoulement à plus de 30km/h, peut générer des turbulences très gênantes. Parfois même pire que sous le vent. De même pour une brise forte sur un fond de vallée accidenté.

intéressons nous maintenant au thermique naissant sur une crête exposé au vent.

Plusieurs cas :

1- une couche épaisse de vent météo ou de brise passe par dessus la crête arrondie.
considérons que le vent fait une vague en passant au dessus de la crête. Selon l?endroit on l?on se positionne dans la vague, l?air monte ou descend de façon régulière. La zone de plus grande montée se trouve en avant de la crête (comme sur ton DVD :-). C?est la zone qu?on utilise de préférence pour faire du soaring et c?est aussi la zone où on a le plus de chance de rencontrer une bonne ascendance thermique. Le principe à connaître absolument : le thermique est davantage « stimulé » dans un quand la masse d?air environnante monte (même très lentement). Le thermique est davantage « endormi » voir détruit quand la masse d?air environnante descend, même très lentement. C?est une question d?adiabatisme.
Si le dynamique du vent est déjà suffisant pour tenir, ça donne ce qu?on appelle du thermo-dynamique. Supposons qu?on commence à l?enrouler en dérivant dans la premier colonne rencontrer. On passe ensuite au dessus de la verticale de la crête, le thermique ralentit car l?air autour ne monte plus et on dérive encore plus car le venturi est plus fort. Enfin, si on essaie de suivre le thermique, on passe derrière la crête et là le thermique disparaît car la masse d?air environnante est descendante. Dans ce cas, le principal risque est de ne plus jamais rejoindre la zone favorable au vent, car on est pris en « effet bagnard ». Si on sait que la vague « dynamique » de vent ou de brises est très étendue en hauteur, le mieux est donc de ne pas trop se déporter derrière et de revenir régulièrement au vent récupérer un autre thermique mais d?un peu plus haut. Et de thermiques en thermiques, on progresse. Plus on s?avance au vent tout en restant dans la zone dynamique favorable, plus on a de chance de récupérer un thermique fort car les thermiques les plus forts sont ceux qui se font les moins dériver en arrière. Parfois, la brise ou le vent font qu?il n?est jamais rentable d?enrouler (les bulles thermiques étant tout de suite « laminer » dans le venturi). Dans ce cas on fait des huits dans les forts vario voir on ne fait que freiner face au vent. Il n?est pratiquement jamais rentable de gratter à proximité de la crête arrondie. D?une part ce n?est pas l?endroit où le dynamique est le meilleur et d?autre part la moindre bulle thermique est tout de suite « laminée » en passant dans le venturi puis dans le descendant.
Parfois cependant, s?il y a une deuxième crête plus haute derrière, en se laissant dériver même dans du zéro, l?ascendance reprendra vigueur dès qu?elle aura rejoint la zone dynamique favorable de la deuxième crête. Exemple : un thermique trouvé sur les avant relief de Courmettes peut être « dérivé » le long du plateau même s?il devient quasi nul car il reprendra à coup sûr de la vigueur quand l?écoulement retapera sur le pic de courmettes.

2- une couche épaisse de vent météo ou un brise passe par dessus une crête acérée dont la paroi au vent est verticale. C?est la situation la plus inconfortable. Le risque : se faire piéger en effet bagnard puis en descendant passer dans les rotors des turbulences de décollement. certain se font parfois ainsi piéger sur les hautes falaises de cavillore quand la brise est forte. Et encore Cavillore est une falaise gentille à coté de ce qu?on peut trouver en plus haute montagne. Si jamais on se fait piéger et qu?on voit qu?on arrivera pas à « percer » l?effet bagnard ou qu?on pourrait peut être y arriver mais bas et avec bc d?accélérateur, le plus sage est alors la fuite en arrière.

3- Une couche de brise peu épaisse au dessus d?une crête. Même si elle est forte, on peut parfois se faire dériver dans le thermique nettement derrière la crête car plus haut, il n?y aura moins de brise donc disparition du phénomène dynamique défavorable (écoulement descendant) et le thermique va pouvoir reprendre de la vigueur. Il y a des cas inconfortables ou pour monter, on n?a pas d?autres choix que de garder une ascendance dérivant tellement fortement que si on la perd avant qu?elle monte franchement, on risque par effet bagnard de ne plus rejoindre la zone au vent. Là c?est le métier qui joue. Dans le doute, mieux vaut ne pas trop se laisser dériver et s?essayer à une autre ascendance au vent.

Voilà les grands principes que j?utilise. Maintenant, la montagne regorge de variation et de cas particulier qu?il faut essayer d?analyser au coup par coup. Mon conseil : essayer de visualiser les écoulements invisibles autours de soi.
Pour cela un bon truc : passer beaucoup de temps à regarder les écoulement visibles : dans une rivière, un torrent, les vagues en mer et sur la plage, le passage d?un brouillard sur une crête exposée au vent, la fumée, la fumée dans le vent, toutes les imageries de soufflerie virtuelles ou réelles, le café autour de la cuillère, l?eau de la vaisselle, le miel sur la cuillère, la trace GPS de la dérive dans le thermique, les poussières et les feuilles mortes dans le vent, etc.
Et un autre truc : voler souvent et en conditions et lieux variés pour confronter sa « visualisation » au réel. Garder sa curiosité toujours en éveil.

Deux avantages :
- on évite beaucoup mieux les zones de fortes turbulences quand on comprends l?écoulement général.
- le mental encaisse beaucoup mieux les turbulences quand on les comprends, quand on les visualise?.

Et pour démystifier un peu les alpes du sud : une belle journée sans vent et sans brises fortes dans les alpes du sud présente très peu voir pas de volume d?air réellement dangereux pour un pilote de parapente aguerri?
?ce qui n?empêche pas de s?activer à comprendre ce qui se passe si on veut rester en l?air, ne pas finir dans un arbre ou aller loin!

Et finalement pour répondre strictement à la question. Je n?ai jamais rencontré de cas où la dérive dans un (vrai) thermique pouvait m?entraîner dans des turbulences de rotor sous le vent, sauf peut être cas extrêmes sur falaises très verticales, vent soutenu et thermique faible, mais je suis pas allé vérifier !
Tout au plus, si tu perds le thermique, tu peux te retrouver coincer à descendre en bagnard vers les rotors, mais dans ce cas, il te reste encore la fuite en arrière.

A+
Luc

PS : faudrait pas qu?il y ait un malentendu quelque part. si tu as le moindre doute ou question concernant cette explication, demande-moi.

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Messagepar Pierrot » Jeu Fév 09, 2006 2:53 pm

Merci Luc !

Je vais retenir l'histoire de la droite en fonction de l'inclinaison de la pente.
On m'avait parlé de 45 % mais bon là je comprends d'ou sort le chiffre ..qui est variable d'ailleurs.
Nickel professeur Luc ... en tous les cas c'est bien clair, précis et complet.

A+
Pierrot

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complet

Messagepar luc armant » Mar Fév 14, 2006 9:16 am

Merci pierre,
mais ça n'est certainement pas complet.
à mon avis, on ne pourra jamais vraiment être complet en matière d'aérologie !
A+
Luc

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Messagepar BrunoD » Lun Fév 20, 2006 3:33 pm

Salut, juste pour te preciser, Pierre, que tu peux regarder le brouillard, les rivieres, a la limite l'eau de vaisselle mais il ne faut surtout pas eplucher les patates, Luc a tout de suite su que c'etait completement inutile.
Je vais mettre un petit sujet sur l'altitude et le GPS.
b


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